Les Mauriciens se souviendront du slogan « To zeT- to taC » : celui qui pollue l’environnement en jetant ses déchets risque une amende. Extrapolons ce slogan vis-à-vis des industries qui polluent. Si elles réalisent d’énormes profits économiques, elles devraient faire les frais de la lutte contre la pollution, assumer leurs responsabilités dans le changement climatique.

Enjeux économiques

Ce n’est pas une bataille gagnée d’avance, car de nombreux enjeux économiques et politiques sont à considérer. Les pays au bas de l’échelle du développement puisent dans leurs ressources naturelles pour assurer leur survie et celle de leur population. Certes, on pourrait utiliser, exploiter ces ressources plus convenablement, mais, encore une fois, l’aspect économique prime.

Pourquoi ces États devraient-ils être désavantagés ? Ils n’ont pas d’argent pour assurer un développement durable (‘sustainable’) et sont mal vus quand ils utilisent des moyens préjudiciables à l’environnement. Pis : ils sont les premiers à souffrir des conséquences écologiques du changement climatique, du trou causé dans la couche d’ozone.

Ces pays évoquent donc le fait qu’ils sont en développement pour justifier l’utilisation des énergies fossiles. Pourquoi rester en marge du développement si cette exploitation des énergies fossiles leur est économiquement avantageuse ?

Floods devastated the Mauritian capital, Port-Louis, in 2013 but locals can expect the island to be affected by more floods, landslides and cyclones in the coming years because of climate change. Credit: Nasseem Ackbarally/IPS
Montée des eaux

Les Petits États insulaires en Développement (PIED), dont Maurice et les Seychelles, risquent de subir gravement les effets néfastes du changement climatique. Ils risquent même de disparaitre de la carte, comme plusieurs îles du Pacifique (Kiribati), victimes de l’érosion et de la montée des eaux.

Il ne faut cependant pas ignorer les efforts accomplis par certains États qui ont adopté des mesures de développement durable. Il leur faut souvent résister aux sirènes du développement (à tout prix) évoqué par des entreprises internationales qui proposent de l’emploi aux locaux. Certaines autorités ne voient d’abord que la création d’emplois en priorité. Ainsi à Maurice, ne justifie-t-on pas la réduction de la surface des plages publiques par la nécessité d’investir ?

Emission de CO2

Pourquoi tant de gesticulations économiques et politiques aux seins des pays non développés ? Il est un fait que les industries qui polluent, détruisent les ressources, sont les causes premières du changement climatique. Or, les industries grandes consommatrices d’énergies fossiles prétendent opérer de manière durable. Elles participent même, financièrement, aux conférences sur les conventions relatives au changement climatique. Il en a été ainsi à la Conférence of Parties (COP) 21 à Paris. On aurait tendance à croire que le réchauffement de la planète est quelque chose de naturel, hors de notre contrôle.

Selon le Global Carbon Project, « 32 milliards de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone) ont été émises dans l’atmosphère en 2015, en hausse de 61% par rapport à 1990, année de référence du Protocole de Kyoto.’ Soit l’équivalent du rejet de 100 volcans.

Nos industries accélèrent l’émission de dioxyde de carbone (CO2). Pour chaque tonne de charbon brulé, 2,5 tonnes de CO2 sont produites et la concentration augmente chaque seconde.

Mauritius coast line. Mauritius is a small island threatened with rising sea levels.
Amendes

À Maurice, on risque Rs 500 d’amende (17 US dollar) si on jette un mégot de cigarette. L’amende double si vous polluez plus : en brûlant des déchets, ou si votre véhicule émet plus de CO2 ou si vous utilisez des sacs en plastique.  L’équation est simple : si vous polluez, vous payez.

Alors pourquoi les industries gourmandes de combustibles fossiles ne paient-elles pas ? Puis, combien faut-il payer et à qui ? Les pays industrialisés devraient admettre leurs torts et assumer leurs responsabilités surtout qu’ils permettent à ces industries polluantes d’opérer,  notamment en leur accordant d’importantes subventions.

L’argent perçu irait au pays au bas de l’échelle du développement,  aux PIED, pour qu’ils recourent à des moyens écologiques de développement, aux énergies renouvelables.

Notre santé et la planète sont en péril. L’alerte est donnée. Les dangers mis en évidence. Des sanctions doivent être prises. Les responsables doivent payer. Industries et États polluants devraient absolument réduire leurs émissions de CO2 et payer en conséquence. Comme tout citoyen coupable d’un délit, suivant l’équation :

To polluE – To payE. To polluE plis – To peyE plis. (Si tu pollues – tu paies, Si tu pollues davantage, tu paies davantage).

Chetan Gukhool

About Chetan Gukhool

Chetan is currently working as an English and French teacher. He will be President of the Rotaract Club of Mahebourg D9220 as from 1st July 2017. He aspires to become a recognized writer.